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Mercredi 13 février 2008

Date de parution : février 2008

Prix : 10 €

Nb de pages : 83

A partir de 8 ans

Matteo et Térésina s'inquiètent de la canicule qui sévit sur leur région. Les deux enfants Niçois vont tout faire pour sauver leur ville de la sécheresse.

Une grande aventure commence ...

Extrait :

C'était un été pas comme les autres, un été vraiment extraordinaire : une vague de chaleur s'était abattue sur la France et le mot canicule régnait en maître sur toutes les premières pages des journaux.

A Nice, on était prêt à recevoir la chaleur estivale, à s'installer à la terrasse d'un café sur le cours Saleya avec la panoplie du parfait Niçois et à se pourlécher les moustaches en dégustant les délicieuses glaces de la place Rossetti.

Mais, le destin allait étrangement en décider autrement… Ces grandes vacances ne seraient pas comme les autres surtout pour deux jeunes Niçois. Je vais vous raconter pourquoi…

C'était un jeudi, non plutôt un vendredi, enfin je ne me souviens plus trop bien, c'était en juillet ou plutôt en août, enfin, c'était en semaine. Et, cette nuit-là, il s'est passé quelque chose d'incroyable.

Au dernier étage d'un vieil immeuble de la rue de l'Abbaye, vivait une modeste famille : Madeleine, Zéphirin et leurs deux enfants Matteo et Teresina.

A l'époque de leur rencontre, Madeleine habitait près du Port et n'avait jamais croisé Zéphirin qui allait pourtant tous les dimanches à la pêche dans ce quartier. Ils s'étaient connus au festin des baguettes à Peille.

Madeleine était à présent une belle jeune femme de trente-cinq ans. Elle portait des foulards et des chapeaux de couleurs vives pour mettre en valeur son teint mat et son sourire étincelant. Toujours gaie, elle égayait sa maison en chantant à longueur de journée d'anciens refrains de sa jeunesse et des airs d'opéra.

Fleuriste au cours Saleya, elle rapportait les fleurs invendues pour décorer son intérieur avec des compositions de sa création. Elle rêvait d'ouvrir un jour un magasin de fleurs…

Zéphirin avait toujours vécu dans le Vieux-Nice et avait le même âge que sa femme. Il exerçait le métier de facteur et arpentait, à pied ou à vélo, selon l'humeur, les rues de son quartier. Sa sacoche faisait rêver ses enfants surtout quand il rapportait des lettres qui n'avaient pas trouvé de destinataire car l'adresse ou le nom étaient erronés.

Il portait des moustaches qu'il lissait lorsqu'il avait une idée particulièrement amusante, ses yeux malicieux se mettaient alors à pétiller. Mais ce n'était pas tous les jours comme cela. La plupart du temps, il bougonnait et tirait très fort sur sa pipe pour montrer son mécontentement. Plus personne n'osait alors le déranger et tous attendaient que la colère passât.

Ce soir là, devant les informations régionales Zéphirin, tirait très fort sur sa pipe… Les nouvelles étaient plutôt inquiétantes, les titres catastrophiques, le nombre des personnes âgées mortes à cause de la canicule augmentait de jour en jour ainsi que les dégâts causés par la sécheresse. L'heure était grave, l'ambiance sur les plateaux télé tendue. Le climat continuait à se réchauffer et l'eau risquait de manquer si des mesures urgentes n'étaient pas prises.

Teresina, la plus jeune de la famille, était atterrée par l'annonce des titres, elle souleva ses longs cheveux noirs, posa sa main sur une de ses joues bien rondes et dit :

-  Mais, que va-t-il nous arriver ? Je m'inquiète ! On va tous mourir de soif !

Elle jeta un coup d'œil circulaire. Personne ne disait rien. Matteo pensa qu'elle avait raison : qui allait faire attention à sa consommation d'eau ? Lui qui était le premier à chahuter sa sœur en lui versant un seau d'eau sur la tête. Il s'enfonça un peu plus dans le canapé et prit un air grave qui inquiéta Madeleine.

-  Mais, on ne risque rien, l'eau est encore suffisamment abondante, dit la mère pour les rassurer.

-  Pourtant tu devrais être la première à t'inquiéter, tu ne pourras plus vendre de fleurs sur le Cours si tu ne peux plus les arroser ! surenchérit Matteo.

-  Ne vous affolez pas les enfants, il nous reste encore de beaux jours devant nous…

-  Mais tu plaisantes ? La Vésubie et le Var n'ont jamais été aussi bas ! dit le père de sa grosse voix.

 

© C. Bovari-Bertrand & A. Robini - Tous droits réservés

 

Pour se le procurer :

http://www.pietraliuzzo.fr/commandeLivres.htm

par Pietra Liuzzo publié dans : Collection Jeunesse
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Mercredi 13 février 2008

Date de parution : février 2008

Prix : 17,90 €

Nb de page : 272

Philippines-Algérie - 1870-1962
Inclus 2 cartes : Manille & Philippines
 

Né en 1870 en Espagne, Jean-Baptiste Perez a grandi en Algérie où ses parents trouvèrent refuge après le coup d'Etat de 1874 contre l'éphémère première République espagnole. Volontaire du corps expéditionnaire envoyé aux Philippines en 1896 pour combattre l'insurrection tagale, il y rencontre Ana et vit un grand amour contrarié par les événements que traverse le pays. Placé à des postes d'observation privilégiés (attaché au service de presse de l'état major, officier dans une unité combattante, responsable du Service d'Insertion des Repentis) il suit de près l'évolution d'un conflit qui aboutit à l'intervention américaine et à la défaite espagnole. L'échec de la colonisation qu'il découvre alors préfigure l'avenir de l'Algérie et l'aide à se forger une solide conviction sur la façon dont devrait se construire ce pays pour éviter une tragédie semblable à celle que connaissent les Philippines. C'est le cœur plein d'espoir que Jean Baptiste Perez confiant en la capacité des Algériens à vivre ensemble rentre avec Ana, le 15 août 1899, dans le pays où il a choisi de vivre.

 

Visitez le site de l'auteur :

http://www.un-sillage-sur-la-mer.com/

 

« Il me fallut beaucoup de patience et de temps pour réapprivoiser sur ses lèvres les rires et les mots tant le malheur avait marqué son âme mais, aujourd'hui, dans ses yeux émerveillés qui regardent venir vers nous la terre d'Afrique, je lis une promesse de bonheur éternel. Notre vie, celle de nos enfants et des enfants de nos enfants, celle de la lignée que nous allons fonder commence demain en Algérie. »

En juin 1962, José Linares tombe par le plus grand des hasard sur le journal où Jean Baptiste Perez avait consigné ces évènements et le lit d'une traite entre Alger et Marseille, achevant le voyage initiatique qui soixante trois ans plus tôt avait jeté son grand père dans la tragique confrontation ou devaient périr les derniers vestiges de l'Empire espagnol. Sur le bateau, pour un voyage sans retour, des réfugiés semblables à ceux qui abandonnaient les Philippines en 1899:

«  - D'après vous M'sieur, quand est-ce qu'on pourra rentrer chez nous?

Que lui répondre? José Linares pensa à Jean Baptiste Perez qui avait prévenu Ana: « vous êtes condamnée à vivre dans un exil intérieur bien plus douloureux que l'exil réel. » Mais il l'invitait à partager une autre perspective: «  Moi je construis un pays dont l'avenir est entre nos mains ». Ce rêve était définitivement mort. Qui leur dirait qu'on les avait trompés en les disant Français alors qu'ils n'étaient que des Algériens comme les autres qui devaient simplement apprendre à tisser l'avenir avec leurs frères de naissance et de ciel ? Ils avaient réussi à former un peuple où les Juifs, après bien des souffrances, avaient trouvé leur place mais ils avaient laissé les Arabes sur le bord du chemin. Maintenant ils devaient payer collectivement leur erreur du prix de l'exil. Il préféra esquiver la question:

- Merci pour la bière! On se reverra sans doute à Marseille. »

C'est cette histoire que raconte «  Balintawak… » Traversé par les thèmes de l'identité, de l'exil, de l'amitié, de l'amour et de la mort, ce roman qui se déroule dans le cadre historique de la guerre d'indépendance des Philippines avec un constant renvoi à l'Algérie de l'époque raconte en creux l'histoire manquée de ce que ce pays aurait pu devenir.

 

© Emile Martinez - Tous droits réservés

Pour se le procurer : http://www.pietraliuzzo.fr/commandeLivres.htm

par Pietra Liuzzo publié dans : Romans historiques
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Mercredi 13 février 2008

Date de parution : février 2008

Prix : 15 €

Nb de pages : 254

De nouvelles en récits, le lecteur est pris sans cesse à contre-pied, en bascule permanente, entraîné « à l'insu de lui-même » dans l'inattendu et l'imprévisible. Une imagination sans bornes dans un monde souvent incompris, à la limite du réel et de l'inconnu.

Mettant en scène des endroits aussi variés que le Chili, la Turquie, la Tunisie, les Alpes-Maritimes et le Faucigny qu'il affectionne plus que quiconque, l'auteur manie le sens du détail et de l'observation, les mettant au service d'un mot richement choisi et d'un écrit chatoyant pour éveiller notre imaginaire. Et si c'était vrai, et pourquoi l'absurde et l'impossible ne prendraient-ils pas le pouvoir, tel ce dédale kafkaïen en ex-RDA ou ce complot des ordinateurs, ou même encore cette improbable rencontre avec Ben Laden !

L'humour y est tantôt glacial, disséquant ses semblables sans aménité, tantôt empreint d'humanité et de toute cette sensibilité qui transparaît à travers le texte.

Patrick Tissier "le Dauphiné Libéré"

L'auteur

Si vous osez quitter les rives connues, vous pourrez croiser l'auteur dans les lieux les plus insolites de notre planète, ceux qu'il a décrits dans ses nouvelles. On dit aussi d'Olivier Bailly qu'il vit dans les Alpes Maritimes et qu'il consacre son temps à un joli collège bleu comme le ciel niçois, mais ce n'est qu'une piste parmi d'autres...

 

Son site web : http://bailly.olivier.free.fr/

 

 

Un extrait du livre :

 

TRIP IN TUNISIA

Chapitre 1

Assise sur sa natte, Alice Bureau retira son cheich, son pantalon puis sa chemise.
Un litre d’eau suffirait à sa toilette complète, comme à chaque étape du soir. Question d’organisation.
Sous l’horizon sans limites du grand Erg oriental, le sable blanchi dans la fournaise de la journée commençait à dorer au soleil couchant.
Les dromadaires, bien qu’entravés, étaient déjà à bonne distance sautillant en zigzag et mâchouillant avec délice les épines des acacias et les branchettes d’armoise.

Alice Bureau avait conscience qu’elle était une tentation pour les deux chameliers, Mohamed et Mohamed et, de fait, ceux-ci faisaient des efforts louables pour ne pas admirer directement cette grande femme blonde accroupie qui faisait ses ablutions le plus naturellement possible, en tenue légère.
Tout juste la lorgnaient-ils à la dérobée, mine de rien, en tout cas, le croyaient-ils.
— …Mohamed et Mohamed, ça fait vraiment penser à Dupont et Dupond, songeait la belle étrangère, à cela près que ces Mohamed sont plus au point que les Dupondt de Tintin pour s’orienter dans le désert.
Elle esquissa un petit sourire.
— … en plus, avec leur djellabah brune et le cheich vert qui couvre leurs visages, je pourrais bien les confondre. Je pourrais leur conseiller de porter une moustache en « T » ou en « D » comme les personnages d’Hergé.
De toutes façons, dès leur premier contact, Alice avait décrété que comme tous deux portaient le même prénom, elle les numéroterait Mohamed 1 et Mohamed 2.
Accoutumés aux frasques des clients, les deux guides n’en avaient pas pris ombrage.
Pour l’instant, une discussion animée opposait les deux hommes et ceux-ci, persuadés que la roumia ne les comprenait pas, parlaient haut et fort.
Ils ne pouvaient pas savoir que 15 ans auparavant, Alice avait été professeur de français à Oujda, au Maroc et qu’elle avait profité de ce séjour pour apprendre la langue du pays.
Certes, le Tunisien et le Marocain présentent des différences mais elles restent minimes, et la jeune femme saisissait pleinement leur conversation :
—  …يوجد خطأ (Il y a quelque chose qui ne va pas), moi je te dis que cette bint (fille) a quelque chose de différent des touristes qu’on promène, disait le premier. Regarde-là, d’habitude les clients viennent nous parler, ils nous proposent de nous aider. Elle, elle est toujours à l’écart et si sûre d’elle…
— C’est un أُسْتاذ (professeur), rétorquait l’autre, et, tu le sais bien, beaucoup sont comme ça. Ils connaissent tout de tout et se croient supérieurs aux autres, peut-être à force d’être avec des enfants.
 — Et moi je te dis qu’elle n’est pas plus ousstaz (professeur) que toi et moi. Regarde son paquetage, comme il est bien fait. On dirait celui d’un joundi (soldat).
Mohamed 1, posant la gamelle sur le feu de bois poursuivit avec véhémence :
— Et si, par hasard, elle venait repérer nos itinéraires comme ces Italiens qui ont monté une agence de méharée pour nous prendre notre travail ? Tu ne trouves pas bizarre qu’elle nous ait loués avec cinq dromadaires pour elle toute seule et sans passer par une agence ? D’habitude, ils viennent à huit ou dix, les touristes. Et aussi pourquoi elle n’a pas voulu faire le circuit habituel de Tembaïne à Ksar Guilane ?...
Mohamed 2 sourit tout en essuyant pensivement un concombre :
— Tu te poses trop de questions. Elle paye, c’est l’essentiel. Et puis ça la regarde si elle veut être seule avec deux beaux hommes comme nous. Peut-être qu’elle a de gentilles intentions pour nous. Regarde déjà dans quelle tenue elle est. Et si c’était pour nous séduire ?…  lança Mohamed 2 d’un ton égrillard.
— C’est toi qui travailles dans ta tête. Tu es un obsédé et je te conseille de ne pas essayer quoi que ce soit avec elle. En plus, moi je te dis que ce n’est pas normal qu’elle veuille aller loin après les puits de Mida et de Darlah. Il n’y a rien après ces puits. D’ailleurs, en général, les français ne connaissent même pas les noms des endroits où on les amène alors qu’elle… 
La discussion allait bon train.
Il n’est pas rare que des européens, voyant deux arabes discuter, vu leurs gestes, le verbe haut et les sonorités rugueuses de la langue, croient qu’ils se disputent. Alice, elle, tout à la fin de sa toilette, saisissant chaque nuance de leurs propos, voyait bien que le différend n’était pas grave mais se disait en son for intérieur :
— Vraiment Mohamed 1 n’est pas bête du tout. Il observe bien et n’est pas loin de la vérité. Il va falloir que je redouble de prudence vis-à-vis de lui. Quant à ce balourd de Mohamed 2 il n’est pas prêt de pénétrer dans mon sac de couchage, mais il me faudra aussi me méfier de lui…
Elle était contrariée car effectivement elle n’était pas vraiment professeur ou plutôt ne l’était plus tout à fait. Elle avait bien enseigné pendant dix ans, en tant que coopérante à l'étranger mais un jour, une convocation à l'ambassade de France à Rabat, en 1991, suivie d'une rencontre avec un certain J. Claude C... avait impulsé un sacré tournant dans une carrière qui s'annonçait toute tracée, voire monotone, même si elle avait choisi de la mener hors des frontières.

A suivre...

© Olivier Bailly - Tous droits réservés

 

Pour se procurer ce livre : http://www.pietraliuzzo.fr/commandeLivres.htm

 

par Pietra Liuzzo publié dans : Fantasy, Etranges, SF
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Mercredi 13 février 2008

Date de parution : février 2008

Prix : 19 €

Nb de page : 364 pages

Sher, alias Anthelme Sherbrooke Blanchard , professeur de littérature dans un lycée du Calaisis, s'apprête à aller prendre quelques semaines de vacances dans son cabanon pour tenter de se remettre d'une série de désillusions qui l'ont exténué.

Une singulière enveloppe, déposée dans sa boîte aux lettres la veille de son départ, par une main anonyme, va contrarier ses projets.

Dès qu'il prend connaissance de son contenu, une force étrange lui fait revivre avec violence des périodes de son enfance peuplées d'angoisses, et le pousse à prendre la direction de Ruineuil, village qui, trente-quatre ans plus tôt, fut le théâtre du meurtre, jamais élucidé, de Félix Weiss, le ferrailleur.

Lorsque Sher y arrive, l'unique rue du village est déserte. La chaleur est étouffante. Les deux personnes qu'il rencontre lui donnent l'impression qu'il est à la fois attendu et dérangeant.

Alors qu'il s'apprête à repartir pour son cabanon, une inconnue lui impose par téléphone un rendez-vous auquel il accepte de se rendre.

Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que cette rencontre va sceller son destin…

 

 

En savoir plus sur l'auteur : http://jean-noel.lewandowski.fr

 

 

Extrait du livre :

 

D'instinct, nous nous regroupâmes au milieu de la salle comme si nous avions voulu nous mettre hors de portée des objets qui, dans la faible lueur, ressemblaient à des bestioles menaçantes. Les uns pendaient aux murs, les autres étaient tapis au sol, comme prêts à bondir.

Il y avait là des tenailles, des griffes de fer, des étrilles, une roue garnie de pointes, des tas de cordes et d'autres outils qui, de toute évidence avaient servi à torturer. Un bat-flanc muni de menottes aux quatre coins occupait un angle de la pièce. Dessous il y avait un tas de vêtements bariolés, et des masques de tragédie antique.

Une étroite échelle de fer descendait d'une large bouche d'aération percée dans le plafond. L'air qui en descendait sentait la putréfaction. Des lampes à pétrole disposées dans des niches multipliaient nos ombres vacillantes. Elles prouvaient que l'endroit avait récemment reçu de la visite.

— Manque plus que le tourniquet, la chaise à clous et l'estrapade, murmurai-je. Pouvaient se rendre compte de rien, là haut... La voilà ta deuxième sortie, Joscelyn...

— Tout ça me glace le sang, murmura-t-il. Nous ne devons toucher à rien, surtout... Les empreintes... dépêchons-nous de sortir d'ici et de prévenir les autorités. Pour le coup, ils vont vraiment être débordés... Cette affaire nous dépasse, vous n'êtes pas de mon avis ?

— Tu m'étonnes... Je ne reste pas une minute de plus dans un endroit pareil. Faites ce que vous voulez, moi je me tire, gémit Manuel en se dirigeant vers la sortie. On se croirait dans des caves à tombes.

— Des catacombes ! Manuel. Qu'est-ce que tu fais, Jos ?

Le prêtre extirpa de sa sacoche un goupillon, une fiole et un crucifix.

— Cet endroit est mauvais...

— Tu dérailles, mon pauvre Joscelyn... On n'a pas de temps à perdre. C'est des foutaises, tout ça...

— Écoute, des atrocités ont été commises ici, Sher, affirma-t-il en me regardant droit dans les yeux, tu comprends ? Nous pouvons nous associer dans la prière pour lui donner plus de force, si vous voulez...

Chacun est maître dans son domaine. Celui-là n'étant pas le mien, je laissai mon pote le curé se conformer à ce que le droit canon lui avait enseigné et allai l'attendre près de la sortie.

Il fit seul le tour de la salle en psalmodiant et en aspergeant les murs d'eau bénite. Ce rituel de désenvoûtement ressemblait trop à de l'occultisme pour que je m'y associe. Des pratiques d'un autre âge, selon moi, tortures contre eau bénite, qui avaient traversé les siècles pour arriver jusqu'à nous, jusqu'à se confronter dans ce maudit souterrain. Je doutais que Joscelyn soit habilité à s'adonner à ces rites. Cependant, il me surprenait par sa détermination et son calme. Je me trompais quand je disais bien le connaître.

Il est vrai que Stéphane n'était pas un simple tueur. Il était affecté d'une anormalité mentale et physique le rendant capable d'agir sur l'existence humaine et de la détruire de la pire des façons. Pourtant, à ma connaissance, il ne s'était jusqu'à présent attaqué qu'aux plus faibles, Weiss et Peter. Était-il vraiment possédé ? Si c'était le cas, si le mal personnifié avait hanté ces lieux, Joscelyn pouvait avoir raison d'agir comme il le faisait. Je frissonnai.

Manuel me secoua l'épaule : « Dis donc, Sher, tu comptes rester là longtemps ? »

— J'arrive, dis-je d'une voix lasse...

J'attendis que Joscelyn finisse de ranger son attirail et sortis en dernier. La corde restée en place facilita notre remontée. Il nous fallut moins de dix minutes pour retrouver l'air libre. L'orage avait tout détrempé.

Il y avait encore de la lumière sous le porche de Talamanca. J'eus le pressentiment qu'il s'y passait des choses graves.

 

© Lewandowski Jean-Noël - tous droits réservés.

 

Tous les renseignements pour se le procurer :

 

http://www.pietraliuzzo.fr/commandeLivres.htm

par Pietra Liuzzo publié dans : Romans Policiers & suspense
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Lundi 11 février 2008

 

 

 

Née en 1944 à Saint-Etienne. Danielle Akakpo a réintégré la ville des « Verts » en 1983 après quelques années d’exil dans le Doubs et en Normandie pour raisons professionnellesMariée, Danielle a deux grandes filles qui vivent en région parisienne ainsi qu’un adorable petit-fils de dix-sept mois.  

Pour quelqu’un qui, comme elle, dans le cadre de son travail – cadre administratif à l’Éducation nationale – a toujours dû s’en tenir à un style sans fioriture aucune, quelle aubaine de pouvoir, grâce au pastiche, à la parodie, la nouvelle, (formes dans lesquelles elle se sent le plus à l’aise), faire passer un peu, voire beaucoup, de ses émotions, de sa fantaisie naturelle ! La plume l’a souvent démangé, l’envie de pimenter un courrier administratif d’une note d’humour, de rédiger en alexandrins une note de service ! Imaginez la révolution ! Bref, béni soit le temps de la retraite qui lui permet enfin de libérer sa plume ! 

Musicienne, elle a aussi composé quelques chansons: avis aux amateurs ! 

Quand elle n’écrit pas, elle lit, elle intervient comme bénévole au centre social de son quartier dans le cadre de l’aide aux devoirs pour des collégiens et lycéens.  

Elle aime marcher, en ville – car elle est citadine à 100% – et elle est fan des séries policières américaines à la télévision. 

Ce qu’elle déteste par-dessus tout : 

Se prendre au sérieux

Les gens qui se prennent trop au sérieux. 

Toutes les formes de discrimination.

Ses oeuvres publiées :

Elles et Eux, recueil de nouvelles,   Éditions Écriture et Partage 

Un Homme de Trôo, Roman coécrit avec Jean-Noël Lewandowski, PLE éditions 

Participation à plusieurs recueils collectifs de Nouvelles 

Les 7 péché capitaux, A table, Le temps qui passe, IXCEA éditions.

-Comment vous êtes-vous mis à l'écriture ? Qu’est-ce qui vous a poussé à coucher des histoires sur le papier ? Le vécu, l’imaginaire ? 

Cela a commencé en classe avec mes rédactions et dissertations romans fleuves. 

À vingt-cinq ans, j’ai écrit un premier roman, des poèmes qui sont restés dans des tiroirs et que j’ai détruits par la suite tant je les ai trouvés mauvais. Absorbée par ma vie familiale et professionnelle, j’ai connu ce que j’appellerai une longue période de sommeil littéraire durant laquelle je me suis contentée de lire, de composer poèmes, chansons, parodies diverses essentiellement pour mes enfants et mes proches. J’ai vraiment retrouvé le goût, puis la rage d’écrire quelques années avant la retraite grâce à l’adhésion à un site Internet d’auteurs amateurs où j’ai trouvé conseils et encouragements. C’est prioritairement le vécu qui m’inspire. Mon imagination travaille en général à partir d’un détail de la vie de tous les jours, d’un fait divers. 

-Avant d’être publiée, diriez-vous que vous avez vécu un réel parcours du combattant ? 

Non, parce que j’avais si peu confiance en moi et en mes écrits que je ne n’avais pas fait de siège en règle des maisons d’édition ! Encore une fois, je dois beaucoup au Net qui m’a fait oser. 

-Quelle est votre méthode de travail ?  Vous préparez un plan, des fiches avec les personnages, savez-vous toujours où vous allez ? Le temps que vous consacrez à écrire ? 

Je ne raffole pas des plans de travail, dans aucun domaine d’ailleurs. Ma préférence allant aux nouvelles, il me suffit de trouver une idée et je m’installe devant mon clavier : il m’arrive de déboucher loin de ce que j’avais prévu. 

Je n’ai écrit qu’un roman et en coécriture : mon coauteur a donné l’idée de départ, ensuite, nous avons beaucoup échangé, discuté. Je n’ai pas souvenir d’un plan vraiment établi. Nous avons adapté, quelquefois carrément changé notre fusil d’épaule en fonction des suggestions, de l’humeur, de l’inspiration de chacun. Ce fut une expérience passionnante. (Jean-Noël, j’espère que tu ne vas pas dire le contraire !) 

Le temps ? Impossible à compter. Étant donné que je ne suis jamais satisfaite, je prends et reprends mes textes jour après jour, pour corriger un mot, rajouter une phrase, ou en déplacer une. 

-Comment vos proches vivent le fait d’avoir un auteur comme parent, ami ? 

Avant la première publication, ma passion amusait mon mari et mes filles. La plus jeune a été une de mes premières lectrices lorsqu’elle était encore à la maison. Depuis, ils sont assez admiratifs, surtout quand je participe à une manifestation (salon, dédicaces). Idem pour les amis. 

-Lorsque vous écrivez, faites-vous relire à des proches au fur et à mesure ? Est-ce que leurs réactions, réflexions peuvent vous amener à modifier le cours de votre développement ? 

Non, je préfère me débrouiller seule. Il m’arrive de solliciter l’avis d’un « ami de net ». Mais en général, je campe sur mes positions. 

-Croyez-vous un jour pouvoir vivre de vos écrits ? 

« Faut pas rêver… » Et cela n’a jamais été mon but. Écrire est pour moi un plaisir délicieux et si je peux en plus faire plaisir à un certain nombre de lecteurs, cela suffit à mon bonheur.

-Que pensez-vous de la publication en ligne ? 

Elle est appelée à se développer. C’est une solution comme une autre, peut-être moins coûteuse que la publication traditionnelle. Mais rien ne remplacera jamais le livre objet que l’on a plaisir à tenir entre ses mains, à contempler dans sa bibliothèque. 

-Que pensez-vous des séances de dédicaces ? 

Elles permettent de se faire connaître. Elles sont surtout intéressantes dans la mesure où l’on parvient à échanger avec des lecteurs. 

-Trouvez-vous encore le temps de lire ? 

Bien sûr. C’est essentiel. 

-Quels sont les auteurs que vous admirez ? Votre livre de chevet ? 

J’ai beaucoup lu et apprécié dans le passé Hemingway, Fitzgerald, Tennessee Williams, Katherine Mansfield, Oscar Wilde (j’ai fait des études d’anglais), Zola, Maupassant pour qui j’ai une grande admiration. 

Parmi les contemporains, j’ai une préférence pour Yasmina Khadra, l’auteur de romans policiers Henning Mankell, et je viens d’avoir un vrai coup de cœur pour Olivier Adam dont j’ai lu en quelques semaines tous les livres ou presque ! 

Livre de chevet ? Non, je ne vois pas, mis à part un excellent dictionnaire ! 

-Côté musique, avez-vous une tendance particulière ? 

Côté chansons, j’ai une nette préférence pour les chansons à textes

En matière de musique, classique, jazz, rock, il suffit que mon oreille soit titillée. 

-Si vous n’aviez pas pu être éditée, auriez-vous continué à écrire malgré tout ? 

Évidemment. L’écriture est une maladie dont on guérit difficilement, même si l’on a des périodes de rémission. On écrit aussi pour soi, pour se sentir exister 

-Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Votre actualité ? 

Le dernier ouvrage publié remonte à 2006 : Un Homme de Trôo, coécrit avec Jean-Noël Lewandowski. Roman d’amour, d’amitié, d’aventures, avec un soupçon de polar, sur fond de paysage normand

Je travaille en ce moment à un second recueil de nouvelles, à un petit roman tout en collaborant à plusieurs sites littéraires. Ce qui m’amène à reparler d’Internet. Publier, évidemment c’est la solution idéale, mais voir une de ses chroniques, un de ses textes, de ses coups de gueule, s’afficher sur un site, un forum Internet, recevoir des retours, susciter des échanges, c’est aussi un plaisir sans mélange. 

-Avez-vous des retours de lecteurs ? 

Oui, bons en général. Avec des encouragements à continuer. 

-Question finale : qu’est-ce que cela vous a apporté de voir votre livre exister ? 

Une immense émotion, presque la même que celle que l’on éprouve en tenant son premier bébé dans ses bras.

Blog personnel : 

http://danielle.nipox 

Le site de l’association Cercle Maux d’Auteurs dont Danielle est la présidente. 

Elle assure l’administration de ce forum d’échanges. www.mauxdauteurs.com 

 

par Pietra Liuzzo publié dans : Interview des auteurs PLE
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