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Jeudi 26 juillet 2007

Date de parution : 01/08/2007

Prix : 14,90 euros

Nb de page : 154

 

Présentation :

La nuit de ses trente ans, Lucie, lieutenant de police, fait un rêve aussi étonnant que bouleversant.

Soulagée à son réveil que ce ne soit qu'un cauchemar, son trouble s'accroît cependant, le lendemain matin, quand elle aperçoit les titres d'un journal....

Mais elle n'était là qu'au début de ses surprises....

Sans pour autant parvenir à expliquer tous ces mystères, elle comprit cependant que ces étranges indications pouvaient l'éclairer dans une sombre affaire.

Mais comment allait-elle s'y prendre ? Trouvera-t-elle le chemin de la vérité ?

 

Extrait :

Quand elle se réveillait, rien n'avait changé. Ses affaires n'avaient pas bougé et tout était resté en place. Et pourtant…

Si les nuits se succédaient sans se ressembler, elles paraissaient toutes si réelles qu'elle en venait à douter qu'elles ne soient qu'imaginaires.

Que se passait-il ? Comment tout cela était possible ? Comment expliquer l'inexplicable ?

Sa vie, l'essence même de celle-ci, s'était métamorphosée depuis que ses nuits étaient si riches. Le souvenir de ses péripéties nocturnes la hantait tout au long de ses journées. Ce qu'elle ressentait à chaque fois était si fort, si réel, que cela ne pouvait pas ne pas avoir été vécu. Cela ne pouvait pas n'être qu'un rêve. Elle les revivait continuellement, et les images étaient si nettes, qu'elle en venait à se demander si l'existence qu'elle menait la journée était plus réelle que celle qu'elle vivait durant ses rencontres nocturnes.

***

Tout a commencé, le jour de ses trente ans, jour d'un bilan bien morose où sa vie lui paraissait dénuée de sens. Elle avait, cette nuit là, fait un rêve d'une portée telle que ses journées en furent bouleversées. Son soulagement était tel au réveil qu'il l'avait emporté une heure durant vers une quiétude inconnue jusque là.

Qui était-elle ? Quel sens donner à tout cela ? Quelle existence menait-elle réellement ?

Cette première fois, cela avait été si court mais si intense.

***

C'était un petit garçon. Il jouait seul, triste quand elle s'approcha, intriguée. C'est là que tout avait commencé.

Alors qu'elle s'apprêtait à lui demander ce qu'il faisait là, elle se rendit compte, qu'elle l'entendait. « C'est fini, c'est fini. »

Rien d'étrange à cela, si ce n'est qu'il ne la regardait pas, et ne semblait même pas percevoir sa présence. Mais elle, elle savait.

C'était Tom. Dans le bac à sable du jardin, il s'évertuait à oublier, ne plus se rappeler cette soirée tragique où sa vie avait basculé. Si petit mais déjà si grand.

Que faisait-elle là ? Pourquoi tout lui paraissait si évident alors que rien ne laissait paraître l'impensable ? Pourquoi tout lui semblait si clair alors que tout était si sombre et obscur ?

 

© Sandra Lemage - Tous droits réservés

- ISBN 978-2-916685-06-9

Pour en savoir plus sur l'auteur : http://sandralem.free.fr

Pour le commander : dans toutes les librairies francophones.

Egalement chez l'auteur avec une dédicace.

Chez l'éditeur : http://pietraliuzzo.fr

ou encore à la Fnac, chapitre.com, amazon, alapage.com.

 

par Pietra Liuzzo publié dans : Romans Policiers & suspense
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Mercredi 18 juillet 2007

Samedi 31 mars 2007 : Cette librairie est tenue par trois jeunes femmes. La "patronne", très sympa et dynamique avait prévu le passage de deux journalistes de deux journaux locaux "La Voix de l'Ain" et "Le Progrès". Les articles paraîtront dans la semaine suivant mon passage. Une affichette sur la porte du magasin indiquait la date de ma venue et une présentation de mon livre prouvait que l'une de ces libraires avait pris sur son temps pour me lire. 

Rien que pour l'accueil et la promotion organisée, cela vaut la peine d'y aller. J'en garde un excellent souvenir. Si j'ai l'occasion d'y retourner, ce sera un plaisir.    

Par Isabelle Ménétrier   

 

par Pietra Liuzzo publié dans : Les dédicaces des auteurs PLE
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Mercredi 11 juillet 2007

Date de parution : 06 juillet 2007

ISBN : 978-2-916685-00-7

PRIX : 14,90 euros

Présentation :

Les personnages de ces sept récits nous entraînent au coeur de leur vie, dans une période de leur existence parfois bouleversante, émouvante ou surprenante. Ce sont des gens que l'on croise tous les jours, mais leurs différents destins peuvent faire frémir, réfléchir ou tout simplement sourire. Par une belle journée de printemps, Cynthia Luciaud a puisé dans leur malle aux souvenirs. L'auteure n'est pas restée indifférente à ces belles âmes qu'elle a souhaité mettre en lumière et croquer du bout de sa plume? Soldat au coeur tendre, grand-mère esseulée, strip-teaseuse désespérée, petit orphelin maltraité, fillette africaine victime de traditions ancestrales, duo passionné et même ce petit être fragile, ils ont tous quelque chose à vous confier, venez donc découvrir leur histoire?

 

Pour en savoir plus sur l'auteur : http://cynthiaroserouge.blogspot.com/

Extrait :

 

Je n'aurais jamais cru cela ?

 

Jusqu'à la dernière minute, je n'ai pas cru qu'elle puisse me quitter ainsi, après tout cet amour qu'il y avait eu entre nous.

Pourtant, ces derniers temps, j'ai bien compris que plus rien n'était comme avant. Elle avait le regard flou, mais rempli d'étoiles. Elle chantait du matin jusqu'au soir, passait son temps au téléphone ou à l'extérieur, elle qui autrefois était si casanière. Elle mettait des tonnes de parfum, de poudre sur son visage, passait des heures devant sa glace à changer de tenue. Moi, je tentais de l'approcher en douceur, la frôlant avec délicatesse, mais elle, pressée, m'évitait ou me grondait, me reprochant d'être trop collant. Elle était devenue tête en l'air, sortait et revenait aussitôt parce qu'elle oubliait presque toujours ses clefs de voiture ou son portable. Elle se mettait à les chercher en grommelant que lorsqu'on n'a pas de tête, on a des jambes. Elle oubliait de plus en plus souvent de me laisser quelque chose à manger en son absence. Mais où avait-elle la tête, elle qui habituellement, programmait et organisait si bien sa vie, notre vie ? Elle désertait l'appartement, me laissant seul avec la nostalgie de nos soirées. Celles où nous étions blottis l'un contre l'autre sur le canapé du salon, à écouter du Mozart ou du Bach.

Puis, un soir, il est arrivé, et immédiatement, j'ai senti que nous ne serions jamais de bons amis, lui et moi. C'était un grand brun, maigre, très bien habillé. Il m'a regardé, a froncé les yeux, le nez, puis s'est mis à éternuer à plusieurs reprises. Une allergie a-t-il expliqué aussitôt. Ensuite, il a reculé sous le regard à la fois étonné et gêné de Solange. La belle Solange m'a alors gentiment invité à sortir de la pièce. Je n'étais pas tellement enjoué à l'idée de les laisser tous les deux ensemble, mais j'ai bien compris que je n'avais pas le choix.

J'ai passé la soirée à vagabonder dans notre logement, de pièce en pièce, avec l'impatience grandissante de le voir quitter rapidement notre petit nid d'amour. Lorsqu'il est enfin parti, je me suis allongé sur le canapé tout près d'elle. J'espérais obtenir un petit câlin, un baiser, ou bien une caresse. Mais non, rien ! Je venais de réaliser qu'amoureuse, elle était. Elle l'aimait, c'était sûr et moi, je ne comptais plus. Je me suis levé pour aller manger un peu. Elle m'avait préparé un délicieux mitonné de veau. Ou plutôt devrais-je préciser qu'elle lui avait préparé un divin plat et que je me contentais à présent d'en finir les restes. Tandis que je dégustais ce mets délicieux dont je raffolais, j'admirais du coin de l'?il ma douce Solange. Elle était si belle, et moi, j'étais toujours aussi dingue d'elle. Rien que le son de sa voix suffisait à me combler. Je connaissais tout ou presque de ses intonations, tantôt autoritaires, tendres, complices ou soucieuses. Elle savait vraiment bien cuisiner, mon adorable Solange.

© Cynthia Luciaud - Tous droits réservés.

ISBN 978-2-916685-00-7

 

Pour le commander : dans toutes les librairies francophones.

Egalement chez l'auteur avec une dédicace.

Chez l'éditeur : http://pietraliuzzo.fr

ou encore à la Fnac, chapitre.com, amazon, alapage.com.

 

par Pietra Liuzzo publié dans : Récits basés sur des faits réels
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Mercredi 11 juillet 2007

Date de parution : 03 juillet 2007

ISBN : 978-2-916685-02-1

PRIX : 14,90 €

Présentation :

Livre primé : 1er Prix d'ALBÂTRE du Roman au Concours International des Editions Terriciaë 2006 .

Cléa est une jeune Normande venue vivre à Paris. Seule, cette jeune fille à l'âme fragile va rencontrer Rajiv, un bel Hindou qui va lui redonner goût à la vie… Pour combien de temps ? Après la grisaille de Paris, les deux amoureux vont rejoindre l'Inde, pays de Rajiv. Malgré les traditions et la culture si différente de la sienne, Cléa va se convertir par amour.

Le bonheur semble sourire à Rajiv et Cléa. Après quelques mois passés dans le village indien, ils reviennent à Paris. Que leur réserve la vie ?

*** PREFACE PAR PIETRA LIUZZO ***

Pour en savoir plus sur l'auteur :

http://perso.orange.fr/sorceline/

Extrait :

Je suis née un jour de printemps.
Un jour où la nature reprend son rôle d’étonnante messagère de beauté. Un jour nimbé de soleil. Un jour où les fleurs éclosent avec splendeur, où de nouvelles senteurs parfument une atmosphère trop lourdement endormie par le froid de l’hiver.
Subtil contraste entre cette Vénus bocagère et ma triste vie, débutant ici, empreinte par la mort et ses fascinants mystères inexplorés.
Désordre cruel d’une existence perfide que je ne comprendrai, hélas, jamais.
Les roses exquises fardées de grâce charnelle ainsi qu’une enfant désespérée aux cheveux de lin et aux yeux d’océan apparaissent, exilées dans une chronologie éphémère… Oui ! Je fis connaissance avec l’humanité dans cette si suave saison.
Enfant aux multiples maux, adolescente renfermée et exclue ; comment prendre pour affection une vie aussi fragile que les ailes d’un papillon, aussi impitoyable que barbare ?
Inutile de faire comprendre et à communiquer à autrui la souffrance psychique qui m’accompagne depuis si longtemps déjà. Chaque jour, se lever avec son apathie à vivre, chaque soir, la cultiver encore et encore en soi-même. Ce désespoir qui vous ronge et puise votre élan vital de seconde en seconde, de minute en minute, d’heure en heure.
Qui pourrait réellement s’attendrir ou bien concevoir ce que je ressens, ce que je dois subir à tous les instants où mon cœur bat ?
La soumission du corps et de l’âme, voilà le duel personnifié et flagrant auquel je suis livrée.
Cette complexité, nul ne peut la déchiffrer ni saisir l’étendue des dégâts qu’elle engendre, à moins d’avoir vécu pareil calvaire, ce qui n’est à souhaiter à quiconque, même à son pire ennemi.
Debout, assise ou couchée, être la proie trop frêle de ce mal-être indélicat, éternellement…
En définitive, mon cœur est simplement ancré dans les abysses d’une torpeur ineffable.
Je figurais la dernière des quatre filles que mes parents avaient conçues, et, à présent, je me devais de les laisser seuls, comme le plus serein des couples, comme deux jeunes époux confrontés à une nouvelle et inconnue lune de miel.
Peut-être un bonheur inestimable pour eux ?
Ils s’étaient sacrifiés, sans arrière-pensées, afin de nous offrir la meilleure éducation possible. Une éducation fondée sur le respect et la discipline.
Quoi qu’il en soit, mes sœurs s’étaient échappées de cette atmosphère plénière si protectrice que constituait notre famille.
De plus, maris et enfants respectifs les accaparaient tout entières.
À mes yeux, ce fut une déchirure, un abandon, une plaie atroce que leurs départs successifs.
Moi, seule avec mes angoisses, mes doutes, mes inquiétudes et ces fantasmagories. Que faire lorsque ce monde idyllique s’effondre, s’écroule comme sous l’action de la plus violente des tempêtes ?
Mourir ? à quoi bon ? Du moins, pas encore…
Sans nul doute, ces ruptures et mon émotivité trop accrue étaient responsables des troubles interférents dans mon être.
Il me fallait rompre avec ces souvenirs trop distincts qui fragilisaient la conscience et la mémoire de mes vingt ans.
La solitude me faisait écho et m’appelait férocement.
Adieu côtes normandes, mes chères bandes de sable blond aux reflets de ma chevelure, où je me vis grandir dansant parmi les coquillages et les mouettes rieuses. Adieu les baignades enfantines et les goûters amicaux sur les galets ronds et polis. Adieu les riants bocages vêtus de rose où se déployaient l’amour et son cortège de plaisirs sur des tapis de fine verdure, cette riche moisson de plaisir promis.
Adieu insouciance magique de mes tendres années…

Le jour où je pris ma fulgurante décision, rien ne put me retenir…
Le soleil, à son déclin, se couchait dans un véritable océan de feu, ceignant l’horizon de ses teintes les plus vives et se reflétant en rouge sur les blanches maisonnettes de mon village tandis que les hautes falaises, confondues dans une demi-obscurité, dressaient au loin leurs silhouettes étranges.
La brise me murmurait sur les flots son éternel et mélodieux refrain, et la lame, molle paresseuse, caressait doucement les flancs des solides barques de pêche, mouillées à quelques brasses du rivage.
Bien sûr, l’affluence des moments harmonieux des sévères querelles défilait sur le film de ma vie. Les émois méconnus, les amitiés déchues ou trop imaginaires, tout surgissait dans ma tête au milieu d’une inextricable effervescence.
Mes parents semblaient-ils tristes ? Feignaient-ils d’être désemparés ? Voulaient-ils me retenir et me garder près d’eux, comme leur unique et généreuse progéniture ?
Non, sinon leurs suppliques m’auraient retenue et obligée à demeurer à leurs côtés. Je le concevais pleinement, le calme les attirait tel le diamant superbe dans son écrin de velours.
La pluie commença par tomber et fouetter mon visage à la blancheur d’une fleur de poirier. La saveur amère des gouttes sur mes lèvres inondait également mon cœur et se mêlait aux pleurs irresponsables de mon être. Mes yeux brillaient… Moi, comme tous ces gens, je patientais posément, attendant la venue de ce train, de mon train salvateur.
Un vieux sac lourd écrasait mon épaule contenant les seuls accessoires que j’adulais.
Je montai enfin dans le wagon qui m’était destiné, lorsque tous les passagers furent agglutinés aux banquettes les plus confortables.
Adossée à la porte vitrée, je contemplais le dernier paysage de mon enfance. Une enfance redéfilant ingrate et solitaire…

Mon voyage fut assez triste dans ces étendues de pays que j’avais tant désirées. Après des kilomètres pénibles, debout, secouée, usée, l’arrêt allait enfin être annoncé. Quelle surprise !
Je me trouvais confrontée à l’immensité de… Paris. Une panique m’envahit.
Où était l’air frais et iodé du littoral ? Ces divines senteurs familières m’étaient, à présent, remplacées par des effluves entêtants de gaz d’échappement, de pollution en général. J’esquivai, plusieurs fois, des voitures rutilantes ou plus anciennes… Mon périple parmi les autos fut éprouvant. J’aurais pu me faire renverser par n’importe quels conducteurs. J’étais comme abasourdie par ce monde inconnu et fort bruyant. Des devantures de boutiques par centaines, des passants irrespectueux des trottoirs souillés.
Avais-je vraiment opéré le bon choix ?
Avec quelle habileté allais-je retrouver ma chambre en location ? Tant et tant d’immeubles se dressaient devant moi !
En outre, je me devais de retrouver un calme élémentaire…
Je sortis de ma veste le morceau de papier froissé où figurait mon adresse détaillée. Mes recherches pouvaient commencer promptement.
Ce ne fut pas chose facile pour moi, parfaite étrangère, de me tirer de ce dédale de rues formant un réseau presque inextricable de quais en boulevards. Enfin, grâce aux nombreux piétons qui circulaient dans les rues, grâce à la preuve de mon ignorance urbaine, j’obtins de ces derniers des renseignements assez précis. C’est ainsi que je parvins à gagner cette petite pièce où je pourrais m’enfermer seule en apparence mais, en réalité, avec le souvenir ardent de ce qui s’était passé. À partir de ce moment, je fus éminemment en proie à deux visions, dont l’une s’effaçait peu à peu, dont l’autre prenait peu à peu plus de consistance.
J’étais totalement isolée dans une « cité » pareille à une fourmilière où le bruit et les va-et-vient incessants ne faisaient que rythmer cette nouvelle vie, la mienne.

 

© Céline Guillaume - Tous droits réservés

ISBN 978-2-916685-02-1

Pour le commander : dans toutes les librairies francophones.

Egalement chez l'auteur avec une dédicace.

Chez l'éditeur : http://pietraliuzzo.fr

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par Pietra Liuzzo publié dans : Romans Comtemporains
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Jeudi 5 avril 2007

Date de parution : 25 avril 2007

ISBN : 978-2-916685-10-6

PRIX : 19,90 €

Présentation du livre :

Paris aujourd’hui.

 

Parce que sa mère a disparu dès sa naissance, et qu’il est le fruit d’un amour négocié, le nouveau-né Léalan d’Antoni est fermement décidé à mourir, tout de suite. Mais ce serait sans compter avec l’archange Gabriel qui ne l’entend pas de cette oreille. Pour le sauver et le guider dans l’existence, il missionne le plus contesté des anges gardiens : Giacomo Casanova.

 

Devenu adulte, Léalan décide de retrouver celle qui l’a mise au monde mais à cause du célèbre cavalier céleste, le jeune d’Antoni va  croiser d’improbables destins. Ses amis de pensionnat deviendront champions de boxe pour l’un et d’échecs pour l’autre ; la femme de sa vie, chanteuse de rock alcoolique et suicidaire, va l’enfermer dans une chambre d’hôtel du Bronx pour lui faire l’amour à la façon toréador à longueur de journée en buvant des litres de cognac.

 

Jusque là, ça irait encore, mais des terroristes islamistes de bazar vont transformer sa vie en cauchemar, sous l’œil d’un Casanova joueur et malicieux qui n’a qu’une idée sous l’auréole : faire de lui un écrivain. 

 

Mais, où est donc sa mère ?

Extrait :

J’ai pris position sur la ligne de départ prématurément. Je suis sorti trop tôt du vestiaire. Six mois à peine. J’ai dû rester dans les starting-blocks plus de trois mois. Un trimestre entier à lutter pour survivre dans une petite boîte en verre au confort précaire. Trente-sept degrés et quatre-vingt-dix jours pour prendre du volume, pour atteindre le poids nécessaire à la grande exploration. Forcément, prématuré à ce point-là, la vie ne pesait pas lourd, et moi non plus. Deux jours après ma naissance, mon poids n’était plus que de neuf cents grammes. Un petit rôti. Tellement frêle qu’un prêtre est venu m’administrer l’extrême-onction. Pas encore vivant et déjà quasi mort !
Le sacrement de l’Onction des malades est conféré aux personnes en très grand danger, en les oignant sur le front et sur les mains avec de l’huile dûment bénite.
Me concernant, le médecin ayant interdit au prêtre de me toucher, celui-ci a dû se contenter de faire des taches de graisse sur ma couveuse. Une vraie friteuse. L’homme d’église a prononcé une seule fois, comme s’en est l’obligation :
Per istam sanctam unctionem et suam piissimam misericordiam adiuvet te Dominus gratia Spiritus Sancti, ut a peccatis liberatum te salvet atque propitius allevet !
Mais lorsqu’un nouveau-né reçoit le sacrement des malades, c’est une sonnette résonnant chez Gabriel. Un ange gardien est immédiatement délégué sur place, au cas où l’enfant ne trouverait pas la volonté de vivre. Le cavalier céleste devra conduire le bébé vers les archanges et lui éviter de se perdre dans les limbes. Parce que sans guide, il n’aurait aucune chance de trouver tout seul la porte du paradis et Dieu ne peut pas abandonner un innocent à une errance sans fin.
Mais le rôle de l’ange est avant tout de l’aider à s’en sortir et à acquérir une solide formation. À défaut, trop petit pour être jugé, le bambin ne pourra devenir qu’un ange de représentation. Ce sont ceux que nous admirons sur les vitraux des églises ou sur le plafond de la Chapelle Sixtine.


Une voix grave à l’accent italien murmure doucement près de moi. Elle m’est délicieuse à l’oreille.
— Mitto agelum meum ante te, a dit Michel ! Tu ne dois pas craquer, accroche-toi ! Tu vas devenir écrivain, me chuchote-t-elle.
Je le vois. Il est plutôt grand, bel homme, le visage carré, le cheveu jais, l’œil noir, il porte un costume de soie grise, élégance d’un autre siècle, et une chemise blanche. Il lisse de grandes ailes blanches qui lui tombent dans le bas du dos.
— Qui es-tu ? je demande en le fixant avec les sourcils au plafond.
— Je suis ton Ange Gardien, me répond le bellâtre avec un sourire charmeur.
Je reprends la respiration que j’avais interrompue durant quelques minutes.
— Où est ma mère ?
— Pas loin, juste à côté.
— Hier, quand ils m’ont amené ici, une femme en blanc a dit que je ressemblais aux anges qui étaient sur un tableau accroché sur un mur dans un couloir. Ils avaient bien des ailes, mais ils étaient plus jeunes… le visage rond, plus enfantin, les cheveux blonds. Tu ne leur ressembles pas.

 

 

Penché sur ma couveuse, il m’explique :
— Nous prenons l’apparence que nous voulons et pour me présenter à toi, j’ai choisi de reprendre celle de mes trente ans. Époque de mon apogée. Juste pour te donner l’envie de grandir car si tu te laisses aller à mourir maintenant tu deviendras un ange comme tu les as vus, blond bouclé avec une harpe à la main ou une trompette. Ou bien encore avec un arc distillant tes flèches aux couples d’amoureux. Boulot, métro, dodo.
Tu poseras pour l’éternité : Titien, Donatello, Conegliano…
— Donate quoi ? Coneto quoi ?
— Donatello, Conegliano. Des peintres Vénitiens, Florentins. Le tableau que tu as vu est probablement signé par l’un d’eux. Ils ont martyrisé, au nom de l’art, pas mal de chérubins. Ne pas bouger pendant des heures donne des crampes terribles. Tu auras à jamais la fesse molle et le jambonneau potelé.
— Désolé, je n’y connais pas grand-chose, mais vraiment, tu n’as rien des anges que les Florentins peignaient sur leurs fresques.
— Cesse de m’interrompre s’il te plaît, me dit-il d’une voix grave. Tu as beaucoup plus drôle à faire que de mourir. Tu seras grand, fort, beau, et pas plus idiot que la moyenne de tes congénères. J’en ai reçu l’assurance en haut lieu, alors mon jeune ami, tu dois vivre sinon, je devrais t’accompagner là-haut et si tu meurs, on me donnera la garde d’une ouvrière du Pérou ou Dieu sait quoi. Elle fabriquera des chaussures à l’usine toute la journée et ma principale préoccupation sera de veiller à ce qu’elle ne se pique pas avec l’aiguille pour lui éviter le tétanos. Elle n’écoutera rien des intuitions que je lui enverrai. Levée à cinq heures, travail à la chaîne jusqu’au soir, une soupe de haricots puis au lit. Trop fatiguée pour rêver. Et rebelote le lendemain. Remarque, elle ne pourra pas faire autrement, son salaire servira juste à nourrir ses frères et sœurs, puis ensuite ses propres enfants. Elle décédera sans être jamais sortie de son village. Moi, j’aime les plaisirs, les arts, les femmes, et les voyages. Alors, s’il te plaît, fais un effort. Cramponne-toi, tu verrais les jambes des filles en cette saison, un régal. Elles sont cuivrées comme de l’or, leurs yeux sont des diamants remplis de soleil, leurs visages éclatent de toute la chaleur de leurs envies.
Il s’interrompt, songeur, visiblement plongé dans sa mémoire. Après un court instant, il reprend, autoritaire, raide comme la justice.
— Et puis, tu dois absolument goûter le vin, les gibiers, le pâté de macaronis, le foie d’anguille…
— Ah ? Le foie d’anguille ?
— Au fait, je me présente. Mon nom est Giacomo Giovanni Casanova, chevalier de Seingalt, pour te servir, conclut-t-il en se courbant légèrement vers l’avant.
Je l’observe un peu étonné, il me laisse un peu dubitatif. Il ne fait pas très sérieux avec son accent italien. Comme s’il avait deviné mes pensées, il reprend sur le ton de la confidence :
— Je t’avoue qu’ils ont longuement délibéré avant de m’accorder mes ailes. J’ai toujours eu la foi et j’en ai, à maintes reprises, donné des preuves flagrantes. N’ai-je pas servi le seigneur ? N’ai-je pas été abbé ? J’ai assisté Béline, mon premier amour, atteinte de la petite vérole que tout le monde avait laissé seule, à mon péril puisque j’en ai gardé des traces sur le visage toute ma vie. J’ai sauvé le sénateur Bagradin à Venise, et tant d’autres actes que l’humilité me défend d’énumérer. Toutefois, je t’accorde que certains de mes écarts ont été jugés durement. Et, si depuis ma mort tu n’es que ma première mission, je ne te le cacherais pas : c’est que j’ai passé quelques siècles au purgatoire afin d’y expier mes péchés. Mais les expériences de ma vie sont finalement apparues à mes juges comme de réels atouts pour accomplir cette mission de protection qui demande un peu d’expérience. Blaise Cendras n’a-t-il pas écrit sur moi que je connaissais tout le monde ? Les gens et les choses, la façon de vivre dans les différents pays d’Europe ? Les routes des hostelleries ou des châteaux, les bordels, les tripots, les chambrières n’ont pas de secret pour moi, pas plus que les filles de banquiers, l’impératrice de Russie ou la reine de France que j’ai interviewé. La police s’est parfois méprise sur mon compte en pensant que j’étais un escroc, mais je fréquentais aussi bien les salons, que les chanteuses d’opéra. J’ai vécu en philosophe, mais je suis mort en chrétien. Et puis, le premier commandement n’est-il pas « aime les autres comme toi-même ? » Or, j’ai aimé les autres bien plus que moi-même, je n’ai jamais cherché qu’à faire le bien. J’étais à tu et à toi avec les ouvriers et les artisans, avec le prince de Ligne ou l’abbé de Bernis.
Puis, poursuivant d’une voix ferme, sûr de son fait, il me prédit :
— Tu seras écrivain ! D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que l’on t’a confié à moi. J’ai moi-même commis quelques ouvrages restés dans la littérature comme des empreintes de mon époque. « Les hommes et les amours remarquables sont sauvés par les poètes et les écrivains de l’oubli plus impitoyable que la mort ». L’Arioste.
—  L’Ari quoi ?
— L’Arioste, le plus grand poète d’Italie, enfin selon moi, dit-il la main sur le cœur.
Je ne vais probablement pas m’embêter et ma vie peut être assez marrante avec une telle sentinelle, mais lorsqu’on est bébé, on braille, on pisse et on mange. Et là, j’ai faim.
— C’est bien joli tout ça, mais moi, je souffre, alors aide-moi s’il te plaît. Mon estomac n’est pas fini et je ne peux rien avaler : tu as vu mon poids ? Si tu veux que j’écrive, je dois d’abord vivre.
— Je sais la souffrance, je vais t’aider, j’ai bien connu cela. Comme toi, enfant, je ressemblais à un squelette. À l’époque, on m’a fait jurer de garder le silence, mais il y a prescription.
J’écoute sa voix suave.
— Bambino, très malade, j’ai été soigné par une sorcière à Mulan. Une île proche de Venise. Elle était en liaison directe avec Léon. Le pouvoir des sorciers a toujours existé, mais leur principal pouvoir est, justement de nous faire croire qu’ils existent. Les plus grands remèdes ne se trouvent pas toujours dans les pharmacies mais souvent au fond de nous-même*. Aujourd’hui, vous ne croyez plus aux sorciers, et c’est bien dommage, car ils étaient un lien utile entre nous et vous.
— Qui est Léon ?
— Mon ange gardien de l’époque, un sacré personnage.
— Je veux bien t’écouter, mais as-tu un plan ? je demande un peu inquiet.
— Bien sûr ! Tu en prendras connaissance peu à peu, en temps et en heure. C’est encore trop tôt, tu dois d’abord te sortir d’affaire.
Le subordonné de Gabriel ne me semble pas très sûr de lui. Mais son œil est rieur quand il rajoute à voix basse, appuyé sur son avant-bras, au-dessus de ma couveuse.
— Je vais t’aider !
Puisque mes veines éclatent sous les seringues trop grosses, Giacomo insuffle l’idée au médecin de tenter une dernière piqûre directement dans la tête.


La manœuvre est délicate sur un crâne de grand prématuré. L’homme de l’art semble hésiter.
Il est devant un choix difficile : doit-il donner suite à l’idée qui vient de germer dans son esprit, ou ne pas prendre le risque ? Quel chemin prendre ? À sa droite, se trouve le plateau avec la seringue, à sa gauche, la porte donnant sur le vestibule, où il pourra se laver les mains, enfiler son costume civil et prendre la route pour rentrer chez lui manger le pâté de macaronis que sa femme lui a peut-être préparé, et dormir. Après tout, il a si peu de chance de me sauver. Ma mort ne sera que celle d’un prématuré de plus. Giacomo insiste encore une fois. Je le sens fermer les yeux pour se concentrer et diriger la main du chirurgien.
— De toute façon, il n’y a plus d’autres alternatives, dit mon ange avec conviction. Soit, l’opération réussit et tu continues à lutter pour ensuite visiter la vie avec délectation, soit, le vieux Macaon échoue et je te raccompagne ensuite aux portes du paradis où tu feras potiche avec un arc à la main pour l’éternité.
Je n’ai pas le choix, mais je sens qu’on va encore me faire mal. J’ai peur. Je braille. L’homme de médecine ouvre le clapier de verre. Ses mains gantées me touchent, le contact est froid. Je vois l’aiguille, je sais que je vais souffrir. Je sens Giacomo à mes côtés, ça me rassure.
C’est fini, le liquide a été injecté. Il a eu la main heureuse. Le choix était le bon. C’est un succès. Le vieux referme la porte de la couveuse. Le palliatif à une ingurgitation normale de toute alimentation dure plusieurs jours. Je m’habitue à la douleur.
Quelques semaines plus tard, mon estomac a fini de se former, je régurgite encore souvent mes aliments, mais je pèse à présent plus de trois kilos. Mes yeux sont bleus, mes sourcils ont poussé, mes ongles aussi. J’ai un léger duvet blond sur la tête. Ma sentinelle reste près de moi à me raconter qu’il a été tour à tour : secrétaire, soldat dans l’armée vénitienne, prêcheur, alchimiste, joueur professionnel, violoniste, directeur de loterie, espion… Il reste là, à me rassurer, à me parler de la vie, de ses joies mais aussi de ses peines, jusqu’au jour où m’estimant apte à entrer pour de vrai dans l’existence, le vieux médecin décide de me sortir de la couveuse.
— Je vais devoir te quitter sous ma forme actuelle, me dit calmement Casanova. Je ne peux rester que tant que tu es en couveuse. Tu ne te souviendras pas de ma présence. À compter de ce jour, il te faudra être attentif à tes intuitions, à tes songes, et aux signes. Ils viendront souvent de moi. Tes peurs et tes angoisses ne seront que les expressions d’un bon ou mauvais choix. Les intuitions que je t’insufflerai seront parfois brouillées par tes émotions, par tes sentiments. La force des émotions est très grande, elle fausse les analyses les plus pointues, elle brouille nos perceptions des choses.
Je l’implore en lui refilant le même regard triste que lorsque le médecin va me piquer.
— Demande une dérogation pour rester à mes cotés…
— Ne sois pas inquiet, me dit-il avec un large sourire rassurant.
Cette fois, je me mets à brailler le plus fort possible.
— Bon, je veux bien essayer, mais Gabriel et le patron sont très stricts sur le principe de discrétion. Sache que je serai au-dessus de toi, et de temps à autre près de toi. Je consacrerai tout mon temps à suivre tes affaires terrestres, me lance mon élégant ectoplasme.
— Tu as tant de choses à m’apprendre, et puis entrer dans l’existence me fait peur, je t’en prie reste avec moi… Tu viens de vaincre la mort… N’est-ce pas le plus difficile ? Tous les minotaures te sembleront à présent de modestes agneaux.
À cet instant, une sage-femme entre dans la salle des couveuses. Elle a de grandes mains, un gros nez en forme de poire, ses seins lui tombent sur le ventre, ce qui la rend encore plus grosse à l’œil. Sa blouse blanche la boudine, et ses grosses lunettes lui donnent l’air d’une femme méchante.
— Mon jeune ami, tu n’es pas gâté pour ta sortie, il aurait quand même pu t’en trouver une jeune et jolie. La vieillotte a la carrure d’un soldat ! me souffle Giacomo.
— C’est ça qui est censé me donner des plaisirs ?
— Ce n’est pas le meilleur de la race, mais rassure-toi, d’autres sont bien plus désirables, et puis, patience ! Si celle-ci te manœuvre avec délicatesse et te nourrit convenablement, tu pourras profiter de spécimens bien plus attrayants, mais pour les satisfaire tu dois être en pleine forme. J’ai souffert de la faim durant toute mon enfance, alors, demande-lui juste de te nourrir convenablement, ce sera déjà un excellent début.
Elle me manipule délicatement. Sa voix est douce et posée, ses gestes précis divulguent une vraie conscience professionnelle.
— C’est aujourd’hui le grand jour, Monsieur Léalan… Vous revenez de loin, mais vous êtes à présent un bébé en pleine forme… Allez, petit miraculé, direction votre berceau, dit-elle en me sortant de ma cellule de verre.
— À bientôt, Léalan… Et n’oublie pas d’écouter tes intuitions, analyse et comprends tes songes, me rappelle une dernière fois Giacomo en disparaissant.
Son image s’efface graduellement, il s’évapore lentement. J’ai froid, j’ai faim, j’ai peur ! Je me remets à brailler de plus belle. Je veux qu’il revienne. Je me sens seul.
Mais, où est donc ma mère ?

 

 

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par Pietra Liuzzo publié dans : Romans Comtemporains
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