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Mercredi 25 juin 2008


Isabelle Ménétrier et Pietra Liuzzo, au salon du livre de Paris 2007


















Isabelle Ménétrier dédicace son livre "D'amer et d'amour", des textes chocs écrits avec une plume authentique et d'une sensibilité à fleur de peau.

 

Visitez notre page web ICI pour plus d'infos et photos.

par PLe Editions publié dans : Les salons littéraires
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Mercredi 25 juin 2008

Tom Marty est un enfant qui naît aveugle. Ses parents, surtout sa mère, saisissent l'occasion lorsque le Docteur Stein vient leur proposer une intervention qui lui donnera la vue alors qu'il n'a que 10 ans. Tom aura donc la joie de voir comme tout le monde, même mieux... Plus que voyant, il sera le "revoyant" avec des facultés inattendues et embarrassantes...

EXTRAIT DU LIVRE :

Lentement, mes paupières s'entrouvrent. C'est dingue, je découvre enfin les couleurs, les vraies, les formes, les vraies aussi, et ma mère, la seule. Elle est encore plus belle que je me l'étais imaginée. Pour l'instant, elle est endormie et me tient machinalement la main. Pendant mon long réveil, je l'ai beaucoup entendue. Une voix chantante et profonde à la fois qui m'incitait à vivre.

— …repose-toi, mon petit bonhomme. Tu as été si courageux, je suis fière de toi. Ton père et ta soeur le seront aussi, sois-en sûr…

Je tourne tant bien que mal ma tête lourde pour faire un panoramique de la chambre. Chaque chose que je vois l'est pour la première fois et rien que ça, c'est extraordinaire. Je suis même heureux d'être tout seul pour cette découverte.

Oui, mon coeur s'enfle et s'engourdit d'amour pour tout sans que j'aie à commenter en direct mon émotion. On me le demandera bientôt, c'est sûr, mais bientôt, ce n'est pas maintenant.

La chambre d'hôpital est lumineuse en cette fin de soirée. Je parle d'une lumière qui m'éblouit, qui me remplit d'une plus grande envie de continuer l'aventure.

Je vois : c'est une absolue vérité. À partir d'aujourd'hui, ce que je regarderai sera ce que tout le monde peut regarder. C'est pourtant un sentiment étrange qui m'envahit. Je repense à tout ce que j'ai intériorisé depuis des années…

Que vais-je en faire ? Comment dois-je remplacer mon bleu à moi par celui que la réalité me dévoile ? De quelle manière vais-je pouvoir intégrer les visages authentiques de mes proches ? Et enfin (peut-être est-ce le pire ?) : qui va être capable de m'aider dans ma reconstruction?

— Oh maman, réveille-toi, s'il te plaît ! Maintenant que je te vois, je crois que je vais avoir encore plus besoin de toi ! Je voulais seulement le penser mais… je l'ai crié !

Maman s'anime donc avec vigueur et son visage s'éclaire instantanément. Le sourire qui le traverse est un arc-en-ciel dont je garde en moi une image merveilleuse.

— Oh, mon petit Tom… Comme je suis heureuse… Tu me vois bien ? !

— Super, maman, c'est si beau, tout ça… lui dis-je doucement comme si mon énergie si grande pour lancer mon appel avait presque disparu.

La fatigue, sûrement. C'était il y a quatre ans. J'ai quatorze ans à présent et je vous garantis que ce qui s'est passé depuis est incroyable. J'ai longtemps réfléchi avant d'accepter d'en parler. Olivia m'a convaincu. Elle est incroyable aussi, Olivia. D'abord parce que je l'aime et je ne me vois pas aimer quelqu'un qui ne soit pas incroyable. Ensuite parce que c'est elle qui m'a le mieux aidé à supporter ce qui m'est arrivé, avec maman.

 

 

© Bruno Bonvalet - Textes et illustrations - Tous droits réservés

par PLe Editions publié dans : Collection Jeunesse
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Mercredi 25 juin 2008

Après un divorce, Irène, la quarantaine, vit avec sa fille Solenne. En plein conflit, mère et fille se séparent le temps d'un été avant de prendre une décision qui changerait leur quotidien…

Irène, désemparée et plus seule que jamais, éprouve le besoin de retrouver son amie d'enfance, Patricia, perdue de vue depuis vingt ans !

Réussiront-elles à renouer avec ce lien si particulier qui les unissait alors ? Le passé les aidera-t-il à prendre le pas sur leur destin ?

« Le roman de Marie-Laure Bigand est une chanson que vous n'attendiez pas, un refrain qui vous fait du bien, des phrases simples mais tellement justes, souvent très vraies, et qui vous vont droit au cœur parce qu'au fil des pages, leur mélodie vient en harmonie avec votre propre musique existentielle » Philippe Raimbault, Président de l'Association « Mots Migrateurs »

Après une nouvelle publiée en 2004 et un premier roman paru en octobre 2005, Marie-Laure Bigand confirme avec ce nouvel ouvrage son talent et son émotion d'écrivain . Elle vit en région parisienne, dans un charmant village où elle laisse son imagination vagabonder au rythme de la nature environnante…


EXTRAIT DU ROMAN :

-  « Raz le bol ! Marre de tes principes à la con ! »

Vlan !

La porte claqua violemment, les murs de placoplâtre vibrèrent, les cadres oscillèrent. Je me mordis la lèvre inférieure pour me contenir tandis que mes ongles s'enfonçaient dans les paumes de mes mains. Avant j'aurais explosé, le ton aurait monté, et nous nous serions jetées des mots horribles, incontrôlés, blessants, dans un face à face houleux, laissant une inévitable impression de malaise et d'incompréhension. Aujourd'hui, je prenais sur moi pour ne pas aggraver une situation délicate. Depuis plusieurs mois, nos rapports étaient devenus étouffants et je ne savais plus vraiment comment réagir.

 

Notre première dispute remontait à un peu plus de six mois. Je pensais que nous avions trouvé un équilibre dans cette vie réaménagée, jusqu'à ce dimanche matin où Solenne m'avait lancé : « c'est ta faute si papa est parti ! » Je l'avais regardée, étonnée, lui demandant pourquoi elle m'agressait ainsi. Elle n'avait pas répondu tout de suite mais de ses yeux avaient surgi une étincelle de colère, qui, depuis, apparaissait dès que nous commencions à nous accrocher. Je n'avais pas été préparée à essuyer un tel affrontement. Je n'avais surtout rien vu venir ! Ces six derniers mois me faisaient l'effet d'un duel permanent. La colère, les cris, les larmes avaient accompagné des joutes verbales éreintantes. Maintenant je me contrôlais. A quoi bon répondre à une adolescente de quinze ans, à l'affût du moindre prétexte pour déverser un trop plein de sentiments mal maîtrisés. J'avais arrêté un beau jour d'être son exutoire. Ma passivité feinte l'avait surprise, le ton s'était adouci. Enfin ! Avais-je pensé, l'accalmie ! Le répit avait été de courte durée, et les attaques étaient revenues, plus acerbes. Son exaspération s'était accrue devant mon calme apparent. Comme elle ne pouvait plus décharger son agressivité en me contredisant, elle me meurtrissait par des mots. Cette solution était pourtant la meilleure. Au bout d'un moment elle partait en claquant la porte très fort, vociférant jusqu'à sa chambre d'où le silence retombait, brutal.

 

J'encaissais de moins en moins son attitude. Elle perdurait et son père, en parfait égoïste, ne m'aidait pas beaucoup. Je détestais lorsqu'elle revenait de ces week-ends mensuels. Tout était génial avec lui ! Et sa compagne, n'en parlons pas ! « Super cool, trop sympa. » Ils lui cédaient tout, alors évidemment je passais pour une mère tyrannique et sans cœur. Pour éviter d'aggraver la situation, je gardais pour moi mes réparties tout en restant ferme sur mes engagements. Une fois le « non » fatidique prononcé, je ne revenais plus en arrière. Je subissais alors les attaques de Solenne, nos regards se mesuraient, et à bout d'arguments, elle me jetait une phrase théâtrale pour ne pas perdre la face. J'étais très stricte sur l'éducation et je tenais bon ! Je n'attendais aucun soutien de mon ex-mari. Amoureux comme un adolescent, il vivait sur son petit nuage, à mille lieux de la réalité !

Solenne m'échappait un peu plus chaque jour. Nos conversations se bornaient à des conflits perpétuels. J'avais conscience cependant que ces rapports de force maintenaient un ultime lien entre nous. Je préférais sa colère au silence, bien plus dévastateur. Elle me défiait en permanence, par jeu ou par réelle antipathie à mon égard, je ne savais pas trop. Sa dernière lubie était d'aller en boîte de nuit. Je lui avais expliqué, très calmement, qu'à la vue de son jeune âge, ce genre de sortie lui était encore interdit. Elle avait pris un air offusqué, néanmoins j'avais cru saisir sur son visage un soulagement. Elle avait besoin de tester sous toutes ses formes mon autorité devenue inexistante chez ce « père copain ».

Nos soirées étaient désastreuses et d'une triste banalité. Nous prenions nos repas à table, toutes les deux, j'y tenais. Elle avait bien essayé de s'y soustraire, idée vite abandonnée devant mon obstination. Dans ces moments-là, je lui posais des questions sur sa journée, auxquelles elle répondait du bout des lèvres ou d'une façon très agressive : « C'est bon, je vais pas te raconter en détail tout ce que je fais !» - « Je suis ta mère, c'est normal que je m'intéresse à toi, non ? » - « Ben j'ai pas envie, et puis c'est toi qui impose ces repas à la con » - Ah ! Ce mot ! Il revenait quasiment à chaque fin de phrase ! Lorsque l'atmosphère était trop pesante, j'allumais le poste de télévision, une échappatoire de dernière minute lorsque mon cerveau fatigué émettait des signaux d'alarme.

L'accalmie avait également un autre visage, Laëticia, la meilleure amie de Solenne. La jeune fille venait régulièrement à la maison. Elles se connaissaient depuis trois ans et leur amitié me réchauffait le cœur. Elles dormaient à tour de rôle et de façon régulière l'une chez l'autre. Ces moments-là étaient une vraie bouffée d'oxygène. En présence de son amie, elle se contrôlait et je retrouvais pour un temps ma petite fille pleine de tendresse et de gaieté. Elles s'étaient liées d'amitié en classe de quatrième à l'arrivée de Laëticia, alors nouvelle élève. Les deux jeunes filles n'avaient pas tardé à s'attacher profondément l'une à l'autre. Depuis, leur affection ne s'était jamais démentie et elles continuaient à partager de nombreux moments, même si elles n'étaient pas dans le même lycée. Son tempérament doux temporisait la fougue de Solenne. Je connaissais très peu les parents de Laëticia, des gens, au demeurant, à l'approche facile et sympathique, qui avaient très vite gagné ma confiance durant les quelques conversations échangées. Je savais ma fille entre de bonnes mains lorsqu'elle séjournait chez eux.


© Marie-Laure Bigand - Tous droits réservés - Pietra Liuzzo Editions

par PLe Editions publié dans : Romans Comtemporains
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Mercredi 25 juin 2008

Le soleil brille sur le corps dénudé d'Aurélie, Benjamin vagabonde dans les champs du bocage normand…

Dans un village savoyard, Léonce s'apprête à monter dans l'Alpage, Biribi ne le quitte pas d'une semelle…

Un drame se noue, le village de Lianceville est aux abois, le garçonnet a disparu. Indifférentes à la détresse, les heures et les journées passent…

Le berger, poète et musicien, savoure sa Savoie, il ne sait pas qu'il va croiser la route du malheur. Ses montagnes vont lui renvoyer l'écho de la mort… Tandis que dans le village normand, les secrets et les ragots les plus inavouables vont se profiler sous l'œil sarcastique et l'ombre maléfique du corbeau. Les destins vont se croiser dans une enquête poignante où la vérité, l'espoir et l'amour conduiront le lecteur sur des sentiers imprévisibles…

 

  EXTRAIT DU ROMAN :

Il fait très chaud à Lianceville. Officiellement, l’été fêtera son arrivée dans deux jours. L’herbe a jauni sous les rayons généreux du soleil. Le bocage normand semble engourdi comme un village provençal. Il y a trois sortes de gens que les conditions météo réjouissent : les touristes, les agriculteurs, et Aurélie.
Les visiteurs sont peu nombreux dans la région. Les principaux afflux touristiques se situent en juillet et août. Seul le Mont saint Michel, situé à une vingtaine de kilomètres, attire du monde toute l’année. Le mois de juin est réservé aux puristes, à ceux qui prennent le temps de musarder.
Les agriculteurs sont dans les champs, il y aura beaucoup de fourrage cette année, c’est bon pour le bétail. Contrairement à la moitié sud de l’hexagone, ici l’eau n’a pas manqué au printemps et la plupart des exploitants vont revendre une partie du fourrage et de l’herbe ensilée.

Il est près de quatorze heures, Aurélie sort par une porte située à l’arrière de la ferme. La cuisine est la seule pièce possédant une porte qui donne sur la pelouse. Elle adore cet endroit, le coin doit mesurer quinze mètres de long et vingt de profondeur. Une haie épaisse compose un mur de verdure où la sensation d’isolement est prédominante.
Elle verrouille l’huis et tire le volet. Il faut dire qu’à vingt-huit ans, c’est une belle jeune femme mince avec une poitrine ferme et un corps musclé, elle attire le regard des hommes, et elle le sait. Eric Palud est sorti quelques mois avec elle, mais elle ne l’a pas choisi. Il aurait voulu l’épouser, elle a préféré une autre vie.
Maintenant que le volet est tiré, elle se dirige vers un transat disposé au beau milieu de la pelouse. Ses gestes sont gracieux, sa longue chevelure brune se balance au rythme de son pas. Elle se baisse pour régler l’inclinaison du dossier et poser une serviette de toilette d’un blanc immaculé. La belle s’allonge sur le dos, entièrement nue. Sur son corps, nulle trace de maillot, le bronzage est uniforme, seul le marron de l’aréole de ses seins se distingue ainsi que ses poils pubiens aussi noirs que sa chevelure. Nulle obscénité dans le tableau, Aurélie ne s’exhibe pas, elle profite du beau temps, elle savoure la liberté de son corps.
Le vieux Louis Leboîteux se rince l’œil derrière les arbustes. Ouvrier agricole à la retraite, il aura soixante-dix ans le jour de la fête à Marie. Un peu simplet, il n’a jamais trouvé une femme acceptant de partager sa couche. Comme il dit souvent : « les femmes ne m’ont pas usé, moi. » Il a trouvé une petite ouverture dans l’épaisseur hermétique de la haie, il se fait discret. Il veut profiter du spectacle et surtout ne pas être vu pour pouvoir revenir à d’autres moments. Car la belle Aurélie se promène souvent dans le plus simple appareil, l’été, derrière la cuisine. Sûre d’être seule, elle n’a pas de retenue dans ses gestes.
Il l’a déjà vue faire sa gymnastique sur la pelouse mais dans cette situation, il part au bout de quelques minutes, car le spectacle le stimule trop. Il préfère s’en aller avant d’être découvert, c’est vrai que certaines postures sont à la limite du supportable.
Parfois, elle fait ses ongles de pieds. Le vieil homme se dit qu’il rêve, alors quand il est hors de portée, il se donne une claque pour vérifier s’il ne fabule pas. Il se rend à l’évidence, Aurélie ne porte pas de vêtements et cela semble une attitude normale pour elle.
Après quelques minutes, des gouttelettes sont apparues sur le ventre plat de la belle. Elles ont coulé vers son triangle frisé. Elle s’essuie avec une serviette de bain et prend un tube de produit. Aujourd’hui, Louis s’excite en la voyant se caresser le corps avec la crème solaire.
Trop stimulé par les gestes de sa voisine, il préfère battre en retraite discrètement, il terminera son après-midi en solitaire, chez lui à l’ombre du grand pommier. Il a eu sa ration de bonheur.
Au loin, un engin agricole passe, il reconnaît chaque machine, une vie dans ce milieu, ça marque son homme. Ce qu’il entend, c’est l’ensileuse à ruban de Joseph Palud, toujours à la pointe du progrès, le Joseph, un malin celui-là, se dit-il.
Louis aime bien assister aux foires agricoles. Joseph Palud l’avait emmené chercher l’ensileuse, ça lui rappelait le bon vieux temps. Maintenant les paysans n’ont plus rien à faire avec leurs mains, il y a des machines. Autres temps, autres mœurs, n’est-ce pas, Aurélie ?
Après quelques flirts sans importance, elle s’est mariée. Nombreux étaient les prétendants. L’heureux élu s’appelle Guillaume Leschain. Le cheveu noir comme son épouse, l’homme est taciturne, il cause peu, le couple mène une vie sans histoires.
Quatre mois après la noce, Benjamin est né, il a aujourd’hui sept ans. C’est un enfant plein d’entrain qui a hérité du caractère de sa mère, curieux de connaître et aimant le contact avec les copains et copines.
Le mariage d’Aurélie avec le fils Leschain a fait beaucoup jaser dans le village. Les grenouilles de bénitier s’en sont données à cœur joie. Un mariage en blanc avec une mariée qui a un ventre comme un ballon de football, pensez donc !
Guillaume était radieux, ce jour-là. Aurélie, un brin provocatrice, jubilait de voir ces mégères marmonner entre les pages de leur livre de messe.
Les parents de Guillaume appréciaient leur belle-fille. Ils n’avaient qu’un fils, et l’arrivée d’un héritier les comblait. Les jeunes époux apprirent lors de l’échographie du cinquième mois de grossesse que la cigogne apporterait un petit garçon dans son panier.
Marie-Louise Leschain, n’eut pas la joie de voir naître son petit-fils, une méningite foudroyante l’emporta trois semaines avant la naissance. Aurélie fut hospitalisée, car le risque de contamination de la mère et de l’enfant était envisageable. Par chance, il n’en fut rien. Benjamin vit le jour à terme, c’était un beau bébé tout brun.
Guillaume devint un vrai papa gâteux. Dans ses grosses mains calleuses, il prenait son enfant. Il secondait la jeune maman du mieux qu’il pouvait. Elle allaita son fils pendant près d’une année, elle aimait beaucoup cette sensation. C’est à partir de la naissance de Benjamin qu’elle prit du plaisir à se mettre nue. Lorsqu’elle allaitait, elle montait dans la chambre et quittait tout vêtement pour donner le sein à son fils. Guillaume n’y trouvait rien à redire, il comprenait les sensations vécues par son épouse et la jalousait un peu.
Henri, le grand-père de Benjamin, ne se remit jamais de la disparition prématurée de son épouse Marie-Louise. On le retrouva un beau jour dans un étang qui longeait la route nationale. Nul ne sut ce qui s’était passé. Était-ce une sortie de route due à un instant d’inattention ou bien un plongeon volontaire d’un homme au comble du désespoir ?
Guillaume subit de plein fouet ce deuxième choc, en l’espace de dix-huit mois, il avait perdu père et mère, et se retrouva à la tête de l’exploitation familiale. L’amour d’Aurélie et de Benjamin lui donnait l’énergie indispensable à la poursuite de l’activité.
Hector, le grand-père de Guillaume, habitait deux pièces à l’extrémité de la ferme. À chaque décès, il arrêtait l’horloge et ne la remontait plus pendant plusieurs semaines. Au décès de sa belle-fille, il avait perdu un peu la boussole. À la disparition de son fils, son état s’aggrava. Il invectivait quiconque se présentait devant sa porte à l’exception d’Aurélie qu’il aimait beaucoup.
Il n’y avait plus d’homme à la maison en dehors de Guillaume. Le grand-père ne sortait jamais plus de chez lui. Aurélie se trouvait assez souvent nue dans la maison, Guillaume lui demandait de faire attention, si jamais quelqu’un venait. Elle lui répondait que le chien ferait suffisamment de bruit pour l’alerter.

Il est seize heures trente. À la ferme familiale, Aurélie est rentrée préparer le goûter de Benjamin : un grand bol de lait avec du chocolat, des tartines de pain et du Nutella®. Le garçon est gourmand, il se précipite toujours sur le pot de pâte à tartiner.
« C’est bizarre se dit-elle, qu’il ne soit pas encore là. » D’habitude il ne perd pas de temps, son chocolat de l’après-midi est sacré, il lui arrive de le préparer lui-même. « Il a dû aller se promener du côté de l’étang, car je ne l’ai pas entendu depuis un bon moment. »
Elle se décide à l’appeler, point de réponse, Benjamin n’est pas à la ferme. À sept ans, il galope à travers les champs et les chemins du pays. C’est un gosse qui n’est pas sauvage, et tout le monde l’aime bien au village. Il est sûrement allé voir une copine. Il va souvent voir Virginia, sa camarade anglaise. Il y a aussi Charlène, qui s’amuse avec lui, elle est myopathe et dégage beaucoup de vitalité malgré le fait qu’elle soit dans un fauteuil roulant.
Aurélie s’est habillée d’un vieux jean et d’un tee-shirt, elle sort de la cour pour appeler à nouveau son rejeton. Le vieil Hector la regarde derrière son carreau, elle lui demande s’il a vu Benjamin. Que nenni, le vieil homme n’a rien aperçu.
Elle se dit que lorsqu’il aura faim, il finira bien par revenir au bercail, elle s’en retourne donc vers la cuisine. Au passage, Hector frappe au carreau, elle lui tire la langue, le vieillard aime bien s’amuser un peu avec elle et ces facéties égayent son quotidien.
En maman compréhensive, elle laisse le pot de Nutella® sur la table. Elle fera réchauffer le bol quand le gamin se décidera à venir goûter.
Un peu inquiète, elle se demande où peut bien être son garnement. Il est un peu rêveur, et lui arrive de se poser à un endroit et de ne pas voir passer le temps. Le soir, il raconte des histoires à sa mère, il possède une imagination débordante, s’invente des personnages et des situations en fonction des lieux et des rencontres. Sa mère aime beaucoup cet aspect de sa personnalité. Guillaume, quant à lui, aimerait mieux le voir s’intéresser à la vie de la ferme, il caresse l’espoir secret de le voir un jour lui succéder.
La seule chose qu’affectionne Benjamin dans l’activité de l’exploitation, c’est se promener en tracteur ou sur une machine dans les champs et les prés, il a la curiosité dans le sang.

© Richard Keller - Tous droits réservés - Pietra Liuzzo Editions

par PLe Editions publié dans : Romans Policiers & suspense
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Dimanche 11 mai 2008

 

 

- Comment vous êtes-vous mis à l'écriture ? Qu’est-ce qui vous a poussé à coucher des histoires sur le papier ? Le vécu, l’imaginaire ?

On dit qu’un premier roman est toujours autobiographique, pour ma part c’est une sorte de vie en parallèle. On invente des personnages qui deviennent peu à peu si familier qu’on s’attend presque un jour à les voir débarquer chez vous.

 

- Avant d’être publié, diriez-vous que vous avez vécu un réel parcours du combattant ?

Le monde de l’édition me semble toujours élitiste. Les classes populaires me semblent un peu mises à l’écart.

Un livre, c’est d’abord une histoire qui accroche. Tout le reste c’est de la littérature, si je puis dire. Alors l’important c’est de croire en soi, à sa bonne étoile.

 

- Quelle est votre méthode de travail ?  Vous préparez un plan, des fiches avec les personnages, savez-vous toujours où vous allez ? Le temps que vous consacrez à écrire ? C’est simple, c’est un mélange de contrainte et de liberté, pour moi c’est un peu de discipline, beaucoup d’imagination.

 

- Comment  vos proches vivent le fait d’avoir un auteur comme parent, ami ?

Ils sont fiers, curieux mais cela ne change pas pour autant les relations, les liens restent toujours les mêmes.

 

- Lorsque vous écrivez, faites-vous relire à des proches au fur et à mesure ? Est-ce que leurs réactions, réflexions peuvent vous amener à modifier le cours de votre développement ?

Toujours, c’est important d’avoir l’avis des autres, j’écoute toujours les conseils d’où qu’ils viennent mais en dernier lieu il ne faut pas perdre de vue qu’un roman c’est d’abord une aventure individuelle.

 

- Croyez-vous un jour pouvoir vivre de vos écrits ?

L’avenir le dira, pour le moment c’est plutôt l’écrit qui vit en moi

 

- Que pensez-vous de la publication en ligne ?

Pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr qu’au final cela serve le lecteur ou l’auteur. Il y a une relation particulière au livre dans sa matérialité qui n’existe pas dans la publication en ligne mais au fond c’est  peut être une chance de populariser l’écriture  

 

- Que pensez-vous des séances de dédicaces ?

C’est essentiel, sans lecteurs, l’écriture reste une lettre morte, on écrit un peu pour soi mais beaucoup pour les autres et dans la rencontre un intérêt mutuel se construit, l’autre déconstruit et remodèle votre ouvrage, il le fait sien et vous surprend toujours en vous faisant découvrir des facettes de votre production que vous n’aviez pas imaginer. En un mot il fait vivre votre livre et vous légitime ainsi dans votre démarche

 

- Trouvez-vous encore le temps de lire ?

On peut lire sans écrire mais il n’y a pas d’écriture sans lecture. Le livre reste la matière première de l’écrivain.

 

 

- Quels sont les auteurs que vous admirez ? Votre livre de chevet ?

Je n’ai pas de religion en matière de lecture

Jules verne, Frédéric Dard, Voltaire, Alain Monnier

Mon livre de chevet : les essais de Montaigne

 

- Côté musique, avez-vous une tendance particulière ?

- Si vous n’aviez pas pu être édité, auriez-vous continué à écrire malgré tout ?

Comme en lecture, je suis éclectique j’adore les belles voix, bien sûr,  Alagna, je l’admire car il a une simplicité naturelle et une voix qui le sacralise, j’ai été très ému qu’il accepte de préfacer mon ouvrage. J’aime aussi Akhénaton, Brassens, Ferrat, Peter Gabriel, Sting et Stevee Wonder

 

- Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Votre actualité ?

Je reçois un bon accueil avant sa sortie, quelques articles : le midi libre, les hauts cantons, l’Hérault du jour en prévision, un journal de culture italienne et bientôt quelques radios.

 

- Avez-vous des retours de lecteurs ?

Attendons qu’ils sortent pour cela le 1 juillet prochain.

 

- Question finale : qu’est-ce que cela vous a apporté de voir votre livre exister ?

Une satisfaction personnelle et familiale. Mon frère sort également son premier livre

 LE TABLEAU DES EXPOSITIONS aux éditions actes sud. Nous réalisons ensemble le rêve de notre mère qui écrivait beaucoup dans un coin d’une table dans les quartiers nord de Marseille et nous a sans doute transmis ce goût pour ce voyage qu’est l’écriture.  

 

 Merci Patrick Barbuscia.

par PLe Editions publié dans : Interview des auteurs PLE
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