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Jeudi 10 janvier 2008

Date de parution  : 03 janvier 2008

Collection Textes & Arts

Prix : 15 euros

Angela Della Torre est artiste-peintre dotée également d’une belle plume. Plusieurs de ses tableaux ont été exposés dans diverses galeries d’arts.

Huit de ses dessins lui ont inspiré chacun un récit, ou peut-être le contraire ?...

Ingrédients mêlés aux couleurs de sa palette de peintre, Angela vous entraîne sur une route semée de suspens, de fiction, de mystère, de mysticisme et d’amour…

1 - Adieu, Poussin… reflète une trahison amoureuse sur fond d’intrigue.
2 - Etrange lieu entre rêve et réalité que découvre Elen, lors d’une promenade sur La Corniche.
3 - Méfiez-vous d’Un Jeune Homme Sans Histoires.
4 - Coca-Pina : sous le soleil des Tropiques, une jeune femme est témoin d’un meurtre.
5 - Paradis, enfer ou Ailleurs ?
6 - Adriana : Amour, suspens et jalousie...
7 - Lettre d’Afrique : une amie, une sœur… dans le cœur.
8 - Ni noir, ni blanc : Réflexion sur un monde avec ou sans couleur. Quelle est la vôtre ?

Extrait de l'ouvrage :

Deux gardiens vinrent chercher le prisonnier. Un aumônier les suivait. L’homme contempla sa cellule comme pour graver à jamais quelques détails de ce lieu où il avait passé une partie de sa jeunesse. Sur le pan de mur, face à son lit, la photo d’une femme, sa mère. Sur son chevet, un magazine avec un tigre en couverture…
Les quatre hommes remontèrent le couloir. Il y avait d’autres cellules. Trois autres prisonniers.
« Adieu ! » lui dit le premier en lui tendant la main. « Envoie-nous des cartes postales ! » ricana le second. Le troisième était assis sur sa couchette. Il regardait les hommes dans le couloir. Il ne disait rien. Il se mit à jouer avec des dés…
L’aumônier resta, quelques instants, seul avec le prisonnier.
— Mon fils, je ne sais pas si tu crois en Dieu ou pas, mais, si tu veux me parler, tu peux me dire tout ce que tu veux. Dieu t’écoute à travers moi…
— Mon père… ça fait longtemps que je ne crois plus à toutes ces histoires… mais vous, vous êtes un homme bon… Peut-être, si j’avais croisé votre chemin avant, je ne serai pas devenu ce monstre ?
— Peut-être as-tu déjà croisé mon chemin, mais tu étais trop aveuglé par la haine pour me voir ?
— C’est peut-être ça ?… Mais c’est fait, je ne peux plus changer mon histoire… Dites à ma mère que je l’aime, que je l’aimerai toujours, même en Enfer… Adieu, mon père…
L’homme d’église fit le signe convenu derrière la vitre. Les deux gardiens vinrent chercher le prisonnier. Un groupe d’hommes et de femmes était assis face à la chaise électrique. Il en reconnaissait certains. Les pères ou les frères de ses victimes. Pourquoi avait-il tué ces enfants ? Quelle pulsion incontrôlable l’anéantissait, chaque fois ? Tous ces beaux enfants, ces petits garçons, ces petites filles. Ils étaient trop beaux, trop heureux. Il les haïssait. Il pensait aussi que la Vie était un Enfer. Les anges n’avaient pas leur place en Enfer. Il leur offrait des bonbons ou des barbe-à-papa. Il y avait un puissant sédatif. Ils ne sentaient rien. Il laissait leur corps dans les buissons des jardins publics. Il leur mettait des ailes de papier, des fleurs blanches dans leurs mains jointes. Puis, il reprenait sa vie comme si rien ne s’était passé, jusqu’au prochain.
La chaise électrique. Tout le monde connaît. Tout le monde sait comment ça se passe. Mais, comme elles sont longues ces secondes ! Ce contact avec le métal froid… Il avait hâte que tout se termine. Toute cette haine au fond de lui, toute cette souffrance… Un bruit sec, le levier qu’on abaisse. Plus rien.
Les hommes et les femmes étaient silencieux. Certains avaient reçu des dessins. De très beaux dessins. Leur enfant mort. Un ange souriant, tendant une rose blanche ou un lis. Le psychiatre qui étudiait son cas, leur avait expliqué que c’était sa manière de leur demander pardon.
Les hommes du pénitencier le craignaient, tous, prisonniers et gardiens. Pendant plus de quinze ans, il n’avait jamais ouvert la bouche. Il n’avait jamais parlé à quelqu’un. Son regard lançait tant de haine…

Il ouvrit les yeux. Son corps était douloureux. Ses membres étaient engourdis. Il ne pouvait bouger que ses doigts. Il était couché sur un tas de paille. Son regard vacillait. Tout était trouble. Il crut entendre un oiseau chanter. Autour de lui, tout était blanc… Il ne dormait pas, non, mais il ne pouvait pas se réveiller complètement… ça devait être ça, les Limbes… Tout d’un coup, il entendit une voix. Il la connaissait… C’était qui ?
Un doux visage de vieil homme, encapuchonné. Une robe de laine beige, une ceinture de corde, des sandales de cuir.
— Suis-je mort ?

 Tous droits réservés Angela Della Torre - Textes et dessins.

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par Pietra Liuzzo publié dans : Collection Textes & Arts
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