Date de parution : 23 septembre 2006.
N° ISBN : 2-9526036-5-0
Prix : 22 euros

4e de couverture :
Linda et Vittorio Delvitto, immigrés siciliens viennent de se marier dans un petit village de Lorraine. Quatre enfants naîtront de leur union. En 1967, Linda perd son jeune frère puis sa mère, l'année suivante. Cela en est trop pour la jeune femme qui souffre énormément. Elle sombre dans un état de désintéressement envers ses petits.
Mathilda, la plus fragile des quatre, n'a aucun souvenir de tendresse ni d'affection de leur mère. Dès son plus jeune âge, Thilda, comme on l'a surnomme se sent humiliée, bousculée et dévalorisée. Elle sombre dans une grande dépression dont elle aura du mal à se sortir.
Elle se sent détruite psychologiquement.
Mathilda, ses frères et sa jeune soeur grandissent dans un univers de pauvreté, de misère et de tristesse. Une chaîne de souffrance dont les maillons s'ajoutent de plus en plus.
Extrait du livre :
Ma mémoire a retenu les détails de mon univers dès l'âge de quatre ans. Un couloir sombre et long, mal entretenu, avec des toiles d'araignées logées dans tous les coins. Les murs sont sales. Une odeur nauséabonde monte à mes narines : je la sens encore, aujourd'hui, même si je vis à neuf cents kilomètres de cet endroit, maintenant. Elle est imprégnée dans mon esprit.
Une grande porte en bois épais, peinte en marron clair crasseux, ouvrait sur la rue. En longeant le corridor, on débouchait dans une petite cour fermée ; en face, des escaliers conduisaient dans les caves. Toutes les odeurs se mêlaient : odeur de moisi, de fuel, de renfermé...
Légèrement sur la droite, un autre escalier en bois, plus que rudimentaire, montait aux étages où logeaient les locataires, des gens aussi pauvres que nous, et qui payaient leur loyer quand ils le pouvaient.
Complètement sur la droite, quatre larges marches de pierre tellement usées qu'un creux s'était formé en leur centre, menaient à un autre couloir aussi miteux que le premier, et dont les murs avaient subi, par endroits, des raccords de ciment destinés à cacher les saletés qui le recouvraient, mais en vain. Il ouvrait sur la cour.
Le plancher de ce corridor craquait. Avec l'habitude, on apprenait à éviter les trous. Entre des planches disjointes, on devinait l'obscurité des caves où étaient entreposés de gros fûts en métal remplis de fioul que l'on utilisait pour le chauffage. Cette odeur de gazoil était constante.
Au milieu du corridor, une porte donnait sur un appartement que mon père avait transformé en établi : son refuge. Là aussi, la misère était palpable, les murs délabrés, le sol en mauvais état, et cette désagréable odeur qui me suit sans cesse.
Au bout du couloir, on parvenait dans la cour et un jardin de petite taille au milieu duquel s'élevait un gros tas de gravats, repaire à souris et autres vermines. Un grillage séparait le jardin de la cour. Jardin était d'ailleurs, un bien grand mot. Cela ressemblait plutôt à une décharge publique. Un danger pour les enfants ! Papa nous avait interdit d'y entrer.
Un jour, il entreprit de faire le "ménage" dans ce petit jardin. Il découvrit une rate et ses petis enfouis sous un tas de décombres. Il n'eut aucune hésitation et, armé d'une pelle, il massacra le nid, décidant dans la foulée de tout nettoyer et de tirer une dalle en ciment. Le jardinet n'existait plus. La courette, au sol cimenté et cabossé, devint notre lieu de jeu et de misère...
Tous droits réservés - Pietra Liuzzo
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